“AMLA : Vers une convergence européenne dans la lutte contre la criminalité financière”, Money Laundering Bulletin, par Sara Lewis, 25 septembre 2026.
Cette interview de Bruna Szego, présidente de l'AMLA, confirme un cap réglementaire strict : le déploiement de l'Autorité européenne s'effectue sans report d'échéance. L'entrée en vigueur de l’AMLR au 10 juillet 2027 et le démarrage de la supervision directe des entités sélectionnées dès 2028 imposera aux assujettis une révision de leur gouvernance et de leurs dispositifs LCB-FT.
Le phasage opérationnel de l'AMLA suit un calendrier contraint visant à résorber l'hétérogénéité des pratiques nationales :
- 1er juillet 2026 : Fin de la période de transition MiCA. Restructuration du marché des PSAN/CASP marquée par des risques accrus de transfert massif de portefeuilles clients vers des entités assujetties traditionnelles ou concurrentes.
- 10 juillet 2027 : Applicabilité directe de l’AMLR. Harmonisation des exigences de vigilance à l'égard de la clientèle, harmonisation du format des Déclarations de Soupçon et mise à disposition par l'AMLA du Manuel de supervision commun.
- Courant 2027 : Finalisation de la méthodologie d'évaluation des risques et sélection de la population cible des entités sous supervision directe.
- 1er janvier 2028 : Prise d'effet de la supervision directe de l'AMLA sur une quarantaine de groupes financiers transfrontaliers clés et activation des Joint Supervisory Teams (JST).
La disparité des niveaux de maturité en matière de LCB-FT au sein de l'UE constitue le point d'attention majeur souligné par l'AMLA :
- Inclusion du secteur non financier et élargissement du périmètre : La transposition de l’AMLD6 obligera les États membres à fiabiliser l'identification de l'ensemble des entités assujetties. Le secteur non financier (avocats, notaires, agents immobiliers, négociants) ainsi que les clubs et agents de football (intégrés dans le paquet réglementaire) devront appliquer un socle de contrôle interne équivalent au secteur financier.
- Dispositif transitoire PSAN / CASP : La fermeture d'acteurs de crypto-actifs post-période transitoire MiCA engendre un risque systémique d'absorption de flux sans historique de vigilance à l’égard des clients suffisant. L'AMLA insiste sur la mise en œuvre rigoureuse des préconisations édictées dans sa note d'orientation de juin sur les transferts de portefeuilles d'actifs numériques.
- Supervision directe des groupes financiers : Le critère d'éligibilité repose sur une présence dans au moins 6 États membres (via succursales, filiales ou LPS), couplée à un profil de risque élevé.