L'article analyse le paradoxe de la cryptomonnaie : si la blockchain assure une transparence totale des flux de transactions, elle ne révèle pas l'identité des acteurs, ce qui permet aux criminels de prospérer.
Les failles du système :
- Pseudonymie et traçabilité limitée : Les adresses publiques sur des blockchains comme Bitcoin ou Ethereum sont créées sans vérification d'identité, permettant aux réseaux criminels de multiplier les adresses et d'utiliser des techniques de mélange (mixing, comme Tornado Cash) pour brouiller l'origine des fonds et rendre le suivi des transactions originales impossible.
- Le rôle des intermédiaires (le « talon d'Achille ») : L'identification réelle des personnes dépend de la coopération des intermédiaires privés (plateformes comme Binance, guichets de conversion crypto-fiat), souvent localisés dans des paradis fiscaux. Ces acteurs sont réticents à partager les informations de Know Your Customer (KYC), privilégiant un modèle économique basé sur le volume et les commissions.
- Relier une adresse à une identité : L'identification des propriétaires d'adresses crypto par les autorités (Tracfin, Europol) ou entreprises (Chainanalysis) reste difficile, car elle dépend des intermédiaires. Bien que les transactions soient visibles, l'attribution fiable et la rapidité d'action (gel, saisie, poursuites) sont problématiques.
- Obstacles à l'enquête : La complexité technique (multiplication des échanges et des plateformes), la fragmentation juridique (lenteur de l'entraide internationale) et l'asymétrie temporelle et économique (rapidité du criminel contre lourdeur des procédures) ralentissent l'action des enquêteurs.
Conclusion :
La simple « transparence de la blockchain » est un leurre. La lutte contre le blanchiment se joue à la marge, dans la rigueur des contrôles KYC et la sanction des intermédiaires défaillants.
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