Mise à jour des risques
Le média spécialisé dans la lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme analyse l'incidence de l'indice de perception de la corruption de Transparency International sur les entités assujetties (vous !) et, plus précisément, sur votre dispositif de conformité.
A retenir :
- L'Indice de Perception de la Corruption (IPC) 2025 de Transparency International (10 février 2026) révèle une aggravation mondiale (score moyen 42/100, plus bas en dix ans), cruciale pour l'évaluation du risque pays en LCB-FT.
- 122 pays sur 182 ont un score inférieur à 50. Seuls cinq dépassent 80/100, signalant la fragilité des États vertueux.
- La France chute à 66/100 (27e, -3 points par rapport à 2024), annulant les avancées post-Sapin II. Les causes incluent le déficit de volonté politique, le sous-dimensionnement de la HATVP, l'assouplissement réglementaire et des problèmes d'application. Ce recul doit être intégré aux cartographies de risques.
- L'Europe occidentale et les Amériques reculent. L'Afrique subsaharienne reste la plus touchée (moyenne 32/100), avec le Soudan du Sud et la Somalie comme pires élèves (9/100). L'IPC confirme le lien entre corruption, accès à la justice et état de l'espace civique.
L'IPC 2025 impose aux entités assujetties de:
1. Réviser la cartographie des risques pays: comparer systématiquement les scores 2025 avec ceux de l'année précédente. Tout pays dont le score baisse de trois points ou plus mérite certainement une réévaluation formelle de son niveau de risque, avec traçabilité de la décision,
2. Mettre à jour les fiches tiers et contreparties: répercuter les évolutions de l’IPC dans les fiches de risque des contreparties, donneurs d'ordre ou filiales opérant dans des pays reclassés, notamment en cas de passage sous le seuil 50,
3. Vérifier les relations de correspondance bancaire: pour les établissements de crédit, s'assurer que les relations avec des correspondants de pays en détérioration font l'objet d'une diligence renforcée et d'une revue périodique formalisée,
4. Formaliser dans les reportings internes: documenter la prise en compte de l'IPC 2025 dans le rapport annuel LCB-FT et, le cas échéant, dans les reportings à l'organe de surveillance. L'absence de traçabilité de cet exercice est un point de fragilité en cas de contrôle,
5. Mettre à jour les formations: intégrer les tendances de l’IPC 2025 dans les modules de formation aux risques pays et corruption, notamment pour les équipes commerciales exposées à l'international.
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