Publication informative
La 5ème édition de la conférence ministérielle « No Money For Terror » (NMFT), s'est tenue à Paris sous l'égide de la présidence française du G7 la semaine dernière. Réunissant plus de 70 délégations internationales, incluant une soixantaine d'États et une vingtaine d'organisations multilatérales, ce forum s'est penché sur l'hybridation croissante des sources de financement terroristes, caractérisée par l'exploitation de ressources territoriales, des liens étroits avec le crime organisé et surtout : un usage détourné des nouvelles technologies.
Le point d'orgue de cette session a été l'appel formel d'Emmanuel Macron à un durcissement global de la régulation des cryptoactifs. Le président de la République a alerté la communauté internationale contre le risque systémique de voir les monnaies virtuelles se transformer en un « Far West financier ». Sans un cadre juridique mondial, harmonisé et contraignant, ces technologies menacent de devenir des instruments de contournement massif des règles de conformité, favorisant l'émergence de « paradis réglementaires » ou de juridictions de complaisance où les flux illicites s'engouffrent de manière anonyme.
Pour opérationnaliser cette stratégie, la France réaffirme la centralité du Groupe d’Action Financière (GAFI) comme le gendarme mondial de la conformité. Afin de doter l'institution des moyens techniques nécessaires pour auditer les États face aux risques des actifs numériques, une contribution financière française de 3 millions d'euros pour la période 2025-2027 a été officialisée. (Source)
Dans le même temps, Chaianalysis confirmait que les criminels se tournent de plus en plus vers de nouvelles classes d'actifs numériques, comme les Bitcoin Ordinals et les tokens BRC-20, pour générer des richesses et les dissimuler leurs avoirs. Cependant, dans une affaire de fraude fiscale en Italie, des enquêteurs ont mis au jour un système frauduleux qui s'est étalé sur plusieurs années : un suspect a accumulé plus d'un million d'euros de plus-values non déclarées grâce aux Ordinals, tout en percevant indûment des subventions publiques. À l'aide de Chainalysis Reactor, les forces de l'ordre ont retracé les fonds depuis un portefeuille matériel saisi, cartographiant des cycles de transactions complexes et les reliant à des plateformes d'échange centralisées. Cela montre bien que quelle que soit la nouveauté ou la complexité technique d'un actifs, la transparence fondamentale de la blockchain, associée à une intelligence blockchain avancée, garantit que les flux financiers illicites peuvent toujours être tracés. (Source)
Perspectives pour le secteur privé : Pour les banques, les institutions financières et les prestataires de services sur actifs numériques (PSAN), ces orientations présagent une nouvelle vague de pressions réglementaires. La fin de la tolérance à l'égard de l'anonymat des transactions va imposer un renforcement immédiat des dispositifs de vérification d'identité (Know Your Customer) et de traçabilité des flux numériques (Know Your Transaction). Pourtant, les inquiétudes ne doivent être démesurées, la blockchain étant gouvernée par un principe de transparence.