Le GAFI, comme après chacune de ses plénières, n'est pas avare de publications. On vous présente les deux dernières.
Rapport Annuel 2024-2025
Le Rapport annuel 2024-2025 du GAFI présente les travaux menés par l'institution durant la première année de la présidence mexicaine d’Elisa de Anda Madrazo. On y découvre comment le GAFI a travaillé avec un réseay mondial de plus de 200 pays, ainsi que divers partenaires des secteurs public et privé. Ce, pour :
- Aider les pays à identifier les risques émergents et à y répondre --> notamment par des rapports sur l’exploitation sexuelle des enfants en ligne, le financement du terrorisme et le financement de la prolifération ;
- Réaliser des évaluations complètes des systèmes LCB-FT nationaux. Par exemple, un projet sur les évaluations nationales des risques (ENR) a établi que seulement 53 % des pays mettent à jour leur ENR tous les deux ou trois ans, 80 % sont confrontés à des difficultés de collecte de données et 35 % signalent des problèmes de coordination dus à un engagement politique limité. Cela lui a permis de produire une boîte à outils à destination des Etats afin de faire des efforts sur ce point. L'institution rappelle aussi que seulement 16 % des pays font preuve d’une efficacité élevée dans la mise en œuvre des sanctions financières ciblées prévues par les résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies sur la prolifération. Ses rapports soulignent également que, parmi les juridictions évaluées lors de la dernière série d'évaluations mutuelles, 69 % présentent des lacunes majeures ou structurelles en matière d'enquêtes, de poursuites et de condamnations efficaces dans les affaires de financement du terrorisme.
- Finaliser les modifications apportées aux exigences internationales en matière de transparence des paiements (Recommandation 16 modifiée en juin).
- Renforcer les normes relatives à l’approche fondée sur les risques (Recommandation 1).
Rapport sur la fraude cyber
La fraude facilitée par le numérique est aujourd'hui l'une des formes de criminalité lucrative les plus répandues et les plus dommageables. Elle génère d'importants profits !
Le document du GAFI souligne qu'au Royaume-Uni, la fraude cyber représente désormais plus de 40 % de tous les crimes et qu'à Singapour seulement, le nombre de cas de fraude facilitée par le numérique (des escroqueries majoritairement) a augmenté de 61 % en deux ans. 156 juridictions, soit 90 % des juridictions évaluées par le GAFI, ont identifié la fraude comme un risque majeur de blanchiment d'argent.
En réponse à cette situation, le document présente les risques émergents les plus récents liés à l'innovation technologique et à la fraude. En résumé :
- Les escrocs emploient un large éventail de méthodes, telles que les courriels d’hameçonnage, les deepfakes (images truquées) basés sur l’intelligence artificielle et les applications de messagerie. Leurs techniques vont chaque jour en s'améliorant.
- Pour y faire face, elle recommande notamment de mettre strictement en oeuvre ses recommandations : transparence dans les paiements et les bénéficiaires effectifs, régulation des crypto, et une intervention accrue de l'Etat dans le recouvrement des avoirs et la coopération internationale.